Amygdales, adénoïdes et végétations adénoïdiennes

Il se fait environ 17 400 amygdalectomies et/ou exérèse des végétations adénoïdiennes au Québec chaque année. Ces interventions chirurgicales se classent au deuxième rang des opérations les plus fréquentes pratiquées chez les enfants, et il n’est pas rare qu’un adulte ait besoin d’une amygdalectomie. Les indications chirurgicales se sont modifiées au cours des années, surtout depuis l’apparition des antibiotiques, mais cela demeure une opération valable qui améliore la santé de plusieurs enfants et adultes.

Des études récentes indiquent que l’adénoïdectomie serait utile dans le traitement de certains jeunes enfants souffrant d’otite moyenne chronique avec effusion (liquide dans les oreilles).

Quelle est l’utilité des amygdales et des végétations ?

Elles sont composées de tissus semblables à ceux des ganglions lymphatiques que l’on retrouve dans le cou, l’aine et à d’autres endroits du corps humain ; elles font partie d’un anneau de tissu lymphoïde entourant le fond de la gorge. Les végétations adénoïdes sont localisées à la limite supérieure de la gorge, derrière le nez, et en haut du palais. Contrairement aux amygdales, elles ne sont pas visibles par la bouche sans l’utilisation d’instruments spéciaux. Les amygdales, elles, sont deux masses de tissu situées à l’arrière et de chaque côté de la gorge.

Les amygdales et les végétations sont placées de façon stratégique à l’entrée des voies respiratoires où elles réagissent aux agents infectieux. Elles combattent les bactéries et les virus et peuvent elles-mêmes devenir infectées. On croit qu’elles sont ainsi en mesure de développer des anticorps à ces attaquants et de contribuer à la réponse immunitaire du système pour résister à de futures infections.

Ce rôle est particulièrement utile dans les premières années de la vie, mais plus l’enfant vieillit, moins ce rôle devient important. Il ne semble pas exister d’évidence que les amygdales et les végétations soient importantes après l’âge de trois ans. Une étude récente, basée sur des épreuves de laboratoire et des examens de contrôle, a démontré que des enfants qui doivent subir la résection des amygdales et des végétations ne risquent aucune diminution de leur immunité future.

Le mythe populaire voulant que les amygdales et les végétations filtrent les bactéries que nous avalons et respirons comme un tamis de cuisine n’est pas fondé, car tout filtre pouvant arrêter les bactéries microscopiques ne permettrait pas le passage des aliments et rendrait alors l’alimentation impossible.

Comment le médecin peut-il vérifier les amygdales et les végétations ?

L’examen primaire afin d’évaluer les amygdales et les végétations comprend :

  • l’histoire médicale,
  • un examen physique,
  • des cultures de bactéries,
  • des radiographies,
  • des tests sanguins,
  • d’autres études sont également possibles.

Votre médecin fera l’histoire complète des problèmes d’oreilles, de nez et de gorge et effectuera un examen de la tête et du cou. L’examen du nez et de la gorge peut être facilité par l’utilisation de petits miroirs ou d’instruments flexibles. Il vérifiera aussi s’il y a présence de ganglions dans le cou.

Les cultures sont importantes dans le diagnostic de certaines infections de la gorge, spécialement les infections à streptocoques. L’indication ou non de faire une culture dépend du jugement de votre médecin ainsi que de l’apparence de la gorge lors de l’examen. Les cultures pour d’autres bactéries et parfois pour les virus peuvent être prises mais sont rarement utilisées.

Les radiographies sont souvent utiles pour déterminer la dimension et la forme des végétations adénoïdes. Ces radiographies sont très sécuritaires.

Quelles maladies affectent les amygdales et les végétations ?

Chez l’enfant, les problèmes rencontrés le plus fréquemment sont les infections récidivantes (maux de gorge) et l’augmentation importante de volume (causant des troubles de respiration et de déglutition). Chez l’adulte, les infections récidivantes des amygdales peuvent également se présenter comme des abcès péri-amygdaliens, des amygdalites chroniques et des infections localisées dans les cryptes des amygdales qui produisent une mauvaise haleine et des dépôts blanchâtres. On peut également rencontrer des tumeurs dans les amygdales, mais elles sont rares.

Quand devrais-je consulter mon médecin ?

Vous devriez consulter votre médecin lorsque vous ou votre enfant souffrez de symptômes dus à des infections et / ou une hypertrophie des amygdales et des végétations qui se manifestent par des maux de gorge à répétition, de la fièvre, des frissons, une mauvaise haleine, une obstruction nasale ou un écoulement nasal postérieur, des infections aux oreilles à répétition, une respiration buccale, des ronflements, des troubles du sommeil, ou encore des arrêts de la respiration durant le sommeil.

Comment traiter les maladies reliées aux amygdales et aux végétations ?

Les infections sont traitées d’abord à l’aide d’antibiotiques, principalement celles dues aux streptocoques.

L’exérèse des amygdales et / ou des végétations adénoïdiennes peut être recommandée chez certains enfants et adultes. Les deux principales indications de cette chirurgie sont : 1) les infections à répétition en dépit des traitements d’antibiotiques ; 2) les difficultés respiratoires secondaires à une hypertrophie des amygdales et / ou des végétations. L’obstruction respiratoire causera des ronflements et des troubles du sommeil qui conduisent à des somnolences diurnes chez les adultes et à une hyperactivité chez l’enfant. Certains orthodontistes croient qu’une respiration buccale chronique, suite à une hypertrophie des amygdales et des végétations, cause une malformation du visage et un mauvais alignement des dents.

L’infection chronique des amygdales et des végétations peut aussi affecter des structures voisines comme la trompe d’Eustache, canal situé entre l’arrière du nez et l’oreille moyenne. Cette atteinte peut mener à des infections fréquentes ou chroniques de l’oreille associées à des douleurs à l’oreille ainsi qu’à une perte de l’audition.

Chez l’adulte, la suspicion d’un cancer ou d’une tumeur est une des raisons pouvant amener la résection de l’amygdale.

Chez certains patients, spécialement ceux atteints de mononucléose infectieuse, l’hypertrophie peut devenir sévère au point d’obstruer les voies respiratoires. Chez ces patients, le traitement à la cortisone est parfois utile.

Comment doit-on préparer le patient pour la chirurgie ?

Lorsque votre médecin décide de la nécessité de pratiquer une exérèse des amygdales et des végétations, vous devez vous préparer à l’opération. Chez l’enfant, les parents doivent discuter ouvertement avec celui-ci de ses impressions face à la chirurgie et le rassurer fortement. On doit dire à l’enfant qu’il s’agit d’une intervention suite à laquelle il devrait être malade beaucoup moins souvent ; les parents doivent accompagner l’enfant le plus possible avant et après l’opération. L’enfant doit être au courant qu’il aura mal à la gorge après la chirurgie, ses maux de gorge devant durer quelques jours. Il doit être rassuré sur le fait que la chirurgie n’enlève rien d’important et qu’elle ne changera pas son apparence.

Pendant les deux semaines précédant la chirurgie, il est conseillé que le patient ne prenne pas d’aspirine ou autre médication contenant de l’aspirine. Il est très important d’aviser le médecin de tout emploi de médicaments ou s’il y a eu dans la famille des problèmes reliés à l’anesthésie. Le chirurgien doit aussi s’informer si le patient présente des problèmes de saignement, dans le cas d’une patiente si elle est enceinte, ou si il y a eu prise de cortisone dans l’année qui précède l’intervention.

Habituellement, le patient ne doit rien avaler à partir de minuit ; aucun liquide ou solide. Cette restriction s’applique également à mâcher de la gomme, se rincer la bouche, sucer des pastilles ou se brosser les dents. Si le patient ne suit pas ces instructions, l’opération peut être remise, car il est dangereux d’endormir un patient avec du liquide ou du solide dans l’estomac.

Des prises de sang et un examen d’urine sont habituellement demandés avant la chirurgie. À son arrivée à l’hôpital, le patient sera dirigé vers une chambre ou une salle où on le préparera pour la chirurgie. À l’arrivée à la salle d’opération, le patient et sa famille rencontreront peut-être l’anesthésiste pour répondre à certaines questions. Le patient sera par la suite amené à la salle d’opération et endormi. Des solutés sont habituellement donnés pendant la chirurgie. Après l’opération, le patient passe par la salle de réveil et dès que ses signes vitaux sont stables et qu’il est suffisamment conscient, il est retourné à sa chambre. Plusieurs patients peuvent quitter l’hôpital dans la journée de l’intervention chirurgicale, cependant il peut être nécessaire de garder certains sous surveillance pour vingt-quatre heures. La durée du séjour à l’hôpital est variable selon chaque patient. Votre médecin assurera les soins pré et post-opératoires et répondra à toutes vos questions sur le sujet.

Qu’est-ce qui peut arriver après la chirurgie ?

Plusieurs manifestations post-opératoires peuvent se présenter : problèmes de déglutition, vomissements, fièvre, douleurs à la gorge et à l’oreille. Elles ne sont pas rares et peuvent toutes se présenter chez le même patient. Rarement un saignement post-opératoire surviendra ; dans ce cas cependant, on doit en aviser immédiatement le médecin. Il ne faut pas craindre de demander à votre médecin toute question qui vous vient à l’esprit, car il est là pour vous aider.


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