Troubles de la thyroïde

Nodules, goitre et cancer de la thyroïde peuvent être traités avec succès
Située dans le bas du cou, la thyroïde se trouve centrée devant la trachée. En forme de papillon, elle est constituée de deux lobes reliés par un isthme.

Produisant l’hormone du «pep», la glande thyroïde se dérègle parfois. Lorsqu’il y a insuffisance de la sécrétion hormonale, on parle d’hypothyroïdie. La personne qui en est affectée est déprimée, frileuse et aura tendance à engraisser. Quand, au contraire, la glande produit trop, il s’agit d’hyperthyroïdie. Cela se traduit notamment par une hyperactivité. Dans les deux cas, un endocrinologue sera en mesure de diagnostiquer le problème et dans la majorité des cas de le traiter médicalement.

Fréquemment, on peut retrouver des masses au niveau de la glande, ce sont les nodules thyroïdiens. Ils peuvent être seul, nodule unique, ou multiples, goitre multi nodulaire. Normalement, les nodules n’ont pas d’effet sur le fonctionnement de la glande. Souvent le traitement des nodules impliquera une chirurgie qui entraînera une exérèse partielle ou complète de la glande thyroïde. Les oto-rhino-laryngologistes sont formés et qualifiés pour effectuer de telles chirurgies.

Les nodules et le goitre

Complètement asymptomatiques, les nodules thyroïdiens sont relativement fréquents. En fait, si on fait des échographies du cou à la population générale, on retrouvera un ou plusieurs nodules chez une personne sur deux, principalement les femmes. Mais comme souvent ces nodules ne mesurent pas plus de quelques millimètres, ils n’ont aucune importance clinique. Environ 5 à 10% des gens présentent des nodules palpables. Ceux-ci sont généralement découverts lors d’un examen annuel, effectué par le médecin de famille, ou par le patient lui-même qui se rase ou qui se met de la crème dans le cou.

Le nodule thyroïdien, dont on ignore les causes, se distingue d’une adénopathie ou d’une autre masse parce qu’il est mobile à la déglutition. La cytoponction constitue l’arme diagnostique de choix. Il s’agit d’un examen très rapide, consistant à insérer une aiguille sous la peau (après avoir réalisé une anesthésie locale) et à aspirer quelques cellules dans le but de les faire analyser.

Dans 85% des cas, la cytoponction fournira assez de cellules pour permettre de préciser le diagnostic. Parmi ces patients, une personne sur vingt aura la confirmation d’un cancer et devra se faire opérer et traiter. Trois personnes sur quatre se feront dire que le nodule est bénin, ne nécessiteront aucun traitement spécifique et seront suivies par leur médecin afin de s’assurer que le nodule n’augmente pas en taille avec le temps. Pour une personne sur cinq, la cytologie sera suspecte et nécessitera une biopsie chirurgicale qui consiste en l’ablation de la moitié de la glande afin de préciser la nature du nodule. Finalement, 15% de patients chez qui il est impossible d’avoir assez de cellules pour les classifier, malgré trois cytoponctions, le risque de cancer demeure à environ 10% et généralement une biopsie chirurgicale sera proposée pour préciser la nature du nodule, bénin ou malin.

L’échographie thyroïdienne sera utile pour les glandes augmentées de volume chez qui on est incapable de préciser si il existe ou non un nodule. Elle permet aussi de différencier les nodules liquidiens ou kystiques, toujours bénins, des nodules solides qui peuvent être malins. De plus, pour certains nodules difficilement individualisables, on effectuera la cytoponction sous échographie. Enfin, l’échographie peut être utilisée dans le suivi de certains nodules difficiles à mesurer lors de l’examen physique.

Certains patients présentent une augmentation diffuse de la glande ou goitre thyroïdien sans nodule. Si l’augmentation de la glande thyroïde du patient est telle qu’elle comprime sa trachée et son oesophage, lui occasionnant des problèmes fonctionnels (déglutition ou respiration difficile), il faudra aussi procéder à une chirurgie pour soulager les symptômes. Une thyroïdectomie totale est aussi nécessaire si l’on est incapable de contrôler médicalement un goitre toxique ou hyperthyroïdien.

Les cancers

Différentes sortes de cancers peuvent s’attaquer à la thyroïde. Les plus fréquents sont le carcinome papillaire, qui représente de 80% à 90% des cas et le carcinome folliculaire qui représente quant à lui 5% à 10% des cas. Ce sont des carcinomes différenciés de la thyroïde, où le cancer ressemble à du tissu thyroïdien plus ou moins normal. Ils ont un excellent pronostic, surtout chez les femmes âgées de 20 à 60 ans, qui ont un taux de guérison supérieur à 90-95%.

Deux autres cancers, très rares, comptent à eux deux pour moins de 5% des cas mais présentent un taux de guérison très faible. Le premier, le cancer médullaire de la thyroïde est d’incidence familiale, et le second, le cancer indifférencié de la thyroïde, entraîne la mort en moins de six mois.

Une biopsie chirurgicale ou hémithyroïdectomie s’impose pour les nodules suspects. L’oto-rhino-laryngologiste pratique une incision horizontale centrée sur la ligne médiane d’environ six centimètres au niveau du cartilage cricoïde (portion inférieure du cou). Si elle se révèle cancéreuse, on enlève l’autre moitié. De même, si des ganglions sont identifiés dans le cou, il faut les retirer; c’est ce qu’on appelle un évidement cervical.

Six semaines après une thyroïdectomie totale, l’hormone thyroïdienne n’est plus présente dans le sang et l’on administre une dose unique d’iode radioactif, qui brûlera les cellules thyroïdiennes cancéreuses et normales restantes. Ceci n’équivaut ni à une chimiothérapie ni à une radiothérapie et ne comporte pratiquement aucun effet secondaire. Le patient est ensuite examiné en médecine nucléaire, question de voir si l’iode radioactif n’aurait pas été capté ailleurs, par des métastases par exemple, qui n’auraient pas été détectables autrement.

Deux types de complications peuvent survenir lors d’une thyroïdectomie totale. Si l’on blesse l’un des nerfs récurrents laryngés, situés de chaque côté de la thyroïde, un problème de voix peut advenir, puisque chaque nerf fait bouger une des deux cordes vocales. Cela est très rare. Il est encore plus rare qu’on blesse les deux nerfs, mais, lorsque c’est le cas, cela entraîne des difficultés respiratoires pouvant entraîner une trachéotomie (trou pour respirer dans le bas du cou). Le deuxième type de complications, le plus courant, concerne les quatre parathyroïdes, les glandes qui contrôlent le taux de calcium dans le sang et qui sont accolées à la glande thyroïde . Dans 7% des cas, ces quatre petites glandes peuvent cesser de fonctionner de façon transitoire, quelques semaines à quelques mois. Les patients présentent alors une diminution transitoire du calcium dans le sang. Ils doivent donc prendre des suppléments de calcium et de vitamine D pour une certaine période de temps. Pour 2% des cas, cette hypocalcémie sera permanente.

Pour une hémithyroïdectomie, lorsqu’il n’y a pas de cancer, la convalescence dure deux à trois semaines. Elle dure environ deux mois pour une thyroïdectomie totale, étant donné que le patient devient hypothyroïdien après l’intervention et qu’on doit attendre d’avoir administré l’iode radioactif avant de prescrire un supplément thyroïdien, pilule qui remplacera l’hormone qui était produite par la glande et qui doit être prise une fois par jour, tous les jours .

Vivre sans sa glande thyroïde ne comporte aucun désagrément, si ce n’est de devoir absorber un supplément thyroïdien quotidiennement. Cela n’est toutefois pas réservé aux seules personnes ayant été opérées, puisque un pourcentage significatif de la population devient aux prises avec une glande thyroïdienne ne fonctionnant pas suffisamment avec l’âge.


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