Congestion nasale

Éliminer la congestion nasale pour mieux respirer

Mal banal lorsque passager, le nez bouché, s’il l’est constamment, peut devenir embêtant. Si ses causes varient souvent en fonction de l’âge, il est généralement possible d’y remédier.

L’hypertrophie des adénoïdes constitue la raison la plus fréquente d’obstruction nasale, de respiration buccale et de ronflements chez les moins de douze ans. Faisant partie du système immunitaire, cette structure similaire aux amygdales, située derrière le nez, au-dessus du palais, présente un volume excessif chez certains enfants. Cela ne cause cependant pas de congestion nasale chez tous les bambins, qui n’ont donc pas tous besoin d’une intervention chirurgicale. Celle-ci représente une importante proportion des chirurgies qui se pratiquent chez l’enfant, bien qu’elle soit moins répandue qu’il y a une vingtaine d’années, alors qu’il était presque normal de se faire enlever les amygdales et les adénoïdes.

Ceux qui doivent respirer la bouche ouverte le jour, même en mangeant, et dont le sommeil est rendu inconfortable ont évidemment avantage à subir l’exérèse des adénoïdes car, comme il s’agit d’un problème mécanique, les médicaments ne sont d’aucun secours. Toutefois, si un petit ronflement demeure le seul désagrément observé, mieux vaut laisser le temps faire son œuvre. Les adénoïdes régressent en effet spontanément dès le début de l’adolescence pour la grande majorité.

Les enfants se font opérer, en moyenne, entre l’âge de trois et cinq ans. Intervention d’un jour réalisée sous anesthésie générale, l’exérèse des adénoïdes ne requiert aucune précaution, sinon d’éviter les médicaments risquant d’affecter la coagulation (l’aspirine, par exemple). Dans le cas où l’enfant serait grippé, elle serait reportée afin d’éviter les complications.

Concrètement, l’oto-rhino-laryngologiste passe (par la bouche) un petit instrument tranchant sur la région des adénoïdes, comme s’il prenait une fourchette pour râper du chou-fleur cuit. Il applique ensuite un petit tampon pour contrôler le saignement, qui cesse de lui-même. Même si l’enfant n’a pas souffert d’amygdalites à répétition, on peut proposer aux parents de procéder en même temps à l’amygdalectomie. De fait, l’hypertrophie des amygdales, souvent concomitante à celle des adénoïdes, contribue largement au problème d’obstruction nasale.

La douleur suivant l’opération ressemble à un mal de gorge provoqué par une grippe. Habituellement, l’enfant s’absente de l’école quelques jours et reprend ses activités assez rapidement.

Les problèmes d’allergies peuvent également être responsables de la congestion nasale. Ils sont néanmoins plus significatifs chez les adultes.

Des médicaments fort utiles

Lorsqu’on soupçonne un problème d’allergie, un bilan allergique pourra confirmer le diagnostic. Les allergies saisonnières, aux pollens et aux acariens, sont les plus communément à l’origine d’obstruction nasale. Si l’on ne décide pas d’entreprendre une immunothérapie, des médicaments peuvent s’avérer fort utiles.

Un vaporisateur nasal, à base de corticostéroïdes, procurera un effet anti-inflammatoire et réduira les sécrétions. Utilisé quotidiennement en période de pointe, il diminue beaucoup les symptômes. Par ailleurs, il pourrait en résulter, à la longue, une sécheresse nasale, accompagnée de petits saignements, qui peuvent toutefois être soulagés par des lubrifiants nasaux. Hormis l’inconfort que certains ressentent lors de l’application du médicament, il s’agit du seul effet secondaire observé.

Quant à la crainte des effets indésirables de la cortisone, elle est dorénavant injustifiée, parce que les nouveaux vaporisateurs ont une biodisponibilité très diminuée. Cela signifie que le pourcentage du médicament qui entre en circulation dans le système est vraiment négligeable. Il n’en demeure pas moins que l’on ne recommande pas un vaporisateur nasal à une femme enceinte.

L’usage d’antihistaminiques complète le traitement. Les antihistaminiques topiques (vaporisateur nasal ou gouttes ophtalmologiques), pris périodiquement, ont l’avantage de ne pas avoir d’effets systémiques, comme la somnolence. Ceux-ci seraient malgré tout moins importants avec les plus récents comprimés d’antihistaminiques, pris en permanence.

Le nez bouché peut également être une manifestation de la polypose nasale. L’hypertrophie de la muqueuse sinusale déborde alors dans le nez et forme des petites masses de chair qu’on appelle des polypes. En outre, une perte partielle ou complète de l’odorat, empêchant de sentir et de goûter les aliments, est associée à la polypose nasale.

Chez l’enfant, on doit d’abord éliminer la possibilité de la fibrose kystique du pancréas. Chez l’adulte, la polypose nasale, l’asthme et l’intolérance à l’aspirine vont souvent ensemble: c’est la triade de Vidal, du nom de celui qui l’a découvert.

Un vaporisateur nasal peut, à long terme, faire diminuer le volume des polypes, mais rarement les faire disparaître complètement. Des comprimés de cortisone peuvent aussi être pris périodiquement. Les patients se contentent rarement de ce traitement et optent généralement pour la solution ultime: la chirurgie endoscopique des sinus. Celle-ci permet non seulement de réséquer le polype au niveau du nez, mais d’en retirer la racine à l’intérieur des cavités sinusales.

Malheureusement, la polypose nasale étant une pathologie chronique, elle peut récidiver chez certains patients. Un suivi bisannuel ainsi que l’usage d’un vaporisateur nasal à base de corticostéroïdes permet de diminuer les récidives.

Des origines mécaniques

L’adulte peut lui aussi souffrir d’une hypertrophie des adénoïdes, notamment à la suite d’une mononucléose. Dans ce cas, elles régressent spontanément.

Une petite déviation du cartilage intérieur du nez, c’est-à-dire de la cloison nasale, apparue à la naissance ou suite à un traumatisme cause parfois de l’obstruction nasale. Cette déformation peut se corriger chirurgicalement. La congestion nasale peut aussi s’expliquer par une hypertrophie des cornets (structures qui réchauffent et humidifient l’air qu’on respire). Congénitale, secondaire à des allergies ou encore à une irritation causée par la cigarette ou d’autres produits chimiques industriels, elle peut se contrôler à long terme par l’usage de cortisone. Lorsque la médication ne suffit pas ou lorsque cela fatigue trop le patient, un oto-rhino-laryngologiste peut procéder à un amenuisement des cornets.

La chirurgie de la cloison nasale ou des cornets peut avoir pour complication une infection au niveau du nez, à cause du pansement qu’on place pour empêcher le saignement. De légers saignements peuvent également survenir, s’il y a rupture d’un vaisseau sanguin à la suite d’un effort.

Enfin, l’obstruction nasale peut être la conséquence de l’usage abusif de médicament tel les décongestionnants utilisés à long terme ou de la cocaïne. Cette substance crée un effet vasoconstricteur, pouvant entraîner un phénomène de rhinite sèche, avec des croûtes et une hypertrophie secondaire de la muqueuse, voire une perforation de la cloison nasale.


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