Rhinoplastie ou l’art de refaire le nez

La chirurgie plastique du nez, la rhinoplastie, consiste à changer la forme du nez, le plus souvent pour des raisons esthétiques. Certaines rhinoplasties sont par ailleurs pratiquées pour corriger des déformations secondaires ou un traumatisme, il s’agit de remodeler le nez d’un patient après un accident. L’intervention peut également avoir un but fonctionnel et servir à corriger un problème respiratoire.

La rhinoplastie ne date pas d’hier. Déjà, dans l’Antiquité, on essayait de corriger la morphologie du nez. On mettait des plâtres sur l’appendice nasal et on appliquait des pressions. Il y avait toutes sortes de choses qui se faisaient avec plus ou moins de succès.

Ceci a beaucoup évolué au cours du dernier siècle, surtout au cours des 50 dernières années, grâce à des techniques chirurgicales plus appropriées. La rhinoplastie n’a cessé de se raffiner. Il est aujourd’hui possible d’obtenir des résultats très naturels, beaucoup plus que durant les années 1970, où les nez opérés avaient l’air refaits.

Il ne s’agit pas de faire un petit nez à tout prix, mais de faire un nez qui cadre bien dans le visage et qui montre de belles lignes esthétiques. Si la pointe est tombante, le but de la rhinoplastie sera de la remonter et de la placer dans un bon rapport avec la lèvre et avec le reste du visage. S’il y a une bosse, son exérèse peut être la solution. L’objectif est de donner une forme agréable et plaisante à l’oeil.

C’est une chirurgie qui se réalise sous anesthésie locale ou générale, dépendant de la préférence du chirurgien et du patient. La chirurgie se fait par de petites incisions intra-nasales donc non visibles. Dans les cas plus compliqués ou selon la préférence du chirurgien, une incision est pratiquée sous le nez (rhinoplastie externe ou ouverte). Les incisions servent à visualiser le squelette osseux et cartilagineux du nez, de façon à enlever les portions excédentaires du nez, s’il est trop gros, ou de changer la position de certaines portions si elles sont mauvaises.

Les contre-indications sont rares et dépendent surtout de l’état de santé du patient. Il est évident qu’un patient dont l’état de santé est précaire n’est pas un bon candidat pour la chirurgie. Évidemment, une personne prenant des anti-coagulants ne pourra pas être opérée sans avoir cessé ses anticoagulants. Il n’est pas indiqué non plus de procéder à une rhinoplastie chez un patient atteint d’un cancer au niveau du visage, de la peau ou du nez. Par contre, lorsque le cancer est guéri, on peut effectuer une rhinoplastie de reconstruction. Les maladies inflammatoires, comme le Crohn, sont des contre-indications relatives, mais pas absolues.

Certains médecins rencontrent le patient à deux reprises avant de procéder à la rhinoplastie. Lors de la première rencontre, il est question de la chirurgie. Le spécialiste (un oto-rhino-laryngologiste ou un chirurgien plasticien) évalue le patient et discute avec lui de ses attentes.

Le patient doit être en mesure d’identifier ce qui ne lui plaît pas dans son nez, quand il se regarde de face et de profil. Une vue d’ensemble est nécessaire: le nez doit être évalué en tenant compte du visage du patient et il peut y avoir d’autres problèmes, comme un menton fuyant qui donne l’aspect d’un nez qui est beaucoup plus gros. Peut-être faudra-t-il intervenir à un autre niveau.

Le spécialiste analyse la situation et expose comment il entend opérer. Des photos de nez refaits qui ressemblaient à celui du patient lui seront montrées afin qu’il ait une idée du résultat qu’il est possible d’obtenir. Il doit alors indiquer si cela est satisfaisant pour lui. Des simulations sur ordinateur peuvent également lui être montrées, mais ces résultats ne sont pas nécessairement reproductibles en chirurgie.

Il faut toujours s’attarder à l’état psychologique des gens qui viennent pour une rhinoplastie, car certains n’ont pas des attentes réalistes. Ces personnes ne seront jamais satisfaites, peu importe les interventions qu’elles subiront.

La deuxième rencontre a pour but de laisser le temps au patient de mûrir sa décision et de vérifier le sérieux de sa démarche. Est-il convaincu qu’il veut se faire opérer? Le médecin profite aussi de cette seconde visite afin d’avoir une meilleure idée de la personnalité du patient ainsi que des objectifs qu’il recherche ou le médecin peut référer le patient en psychiatrie ou en psychologie s’il a des doutes au niveau de son affect.

Préparation et suivi

Avant l’intervention, le patient doit être à jeun à partir de minuit. La rhinoplastie prend environ deux heures. Après, le patient porte une attelle pour environ une semaine. L’attelle est retirée par le chirurgien après une semaine et le nez enfle alors un peu. Les contusions autour des yeux (oeil au beurre noir), qui affligent les patients à des degrés variables, disparaissent au bout de deux semaines. Le résultat continue à évoluer pendant une période d’un an. Le gros de l’oedème diminue en deux mois et, par la suite, les changements sont plus subtils

Cette chirurgie n’est pas douloureuse, parce que le nez n’est pas une structure mobile. En revanche, les enflures peuvent être désagréables. Il est important de ne pas toucher au pansement et de ne pas le mouiller durant la période post-opératoire. Comme on doit calculer de 7 à 10 jours avec le pansement et deux semaines pour la résorption des bleus, le patient doit prévoir un congé d’environ deux semaines.

Certaines précautions sont à prendre durant la période post-opératoire. Le patient doit éviter le soleil pendant six mois, c’est-à-dire qu’il doit appliquer une protection solaire totale pour prévenir le développement de rougeurs (téléangiectasies). L’exposition à des froids intenses est également à proscrire. Il est impératif que le patient mette un cache-nez, car la peau de son appendice nasal a été décollée et se trouve ainsi moins bien protégée contre les engelures. Le patient ne doit pas non plus porter de lunettes; cela causerait une pression sur les os qui ont été fracturés.

Les saignements ainsi que les infections font partie des complications possibles. Certains patients se retrouvent avec une déformation résiduelle, c’est-à-dire un résultat qui n’est pas optimal. À ce moment-là, on est obligé de faire une retouche, ce qui survient dans 4% à 5% des cas. Évidemment, plus une intervention est compliquée, plus les risques d’avoir à faire une retouche sont élevés. Toute retouche devrait être faite un an après la dernière intervention. D’autre part, il est possible d’agir sur une autre zone du visage au bout de deux mois.

La rhinoplastie n’entraîne aucune séquelle au niveau des sinus. Cependant, certains patients peuvent par la suite, mais de façon temporaire, souffrir d’obstructions nasales. Cela est dû au fait que les os du nez ont été fracturés et que la pyramide a été rapetissée. Néanmoins, le côté fonctionnel peut être travaillé en même temps que le côté esthétique. Généralement, lorsque le médecin procède à une chirurgie, il en profite pour évaluer s’il y a une déviation septale ou une hypertrophie des cornets. Il peut régler ce problème en même temps qu’il améliore l’apparence du nez.

Dans les cas post-traumatiques et fonctionnels, la rhinoplastie est remboursée par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Autrement, les prix varient de 1400$ à 5000$, dépendant de la complexité de l’intervention.


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