Cancer du larynx

Le cancer du larynx, une maladie de fumeur

Touchant presque exclusivement les fumeurs, le cancer du larynx tue toutefois moins que le cancer du poumon. Le cancer du larynx peut néanmoins laisser des séquelles importantes et les récidives sont possibles surtout si le patient continue à fumer.

Bien que la première cause de cette maladie grave soit le tabagisme, l’alcoolisme peut également contribuer au développement de tumeurs, notamment au niveau du larynx supra-glottique. C’est pourquoi l’oto-rhino-laryngologiste s’affaire d’abord à dresser l’historique du cas lorsqu’un patient se plaint que sa voix a changé dernièrement, d’une douleur dans la gorge irradiant jusqu’à l’oreille, ou encore d’une difficulté à respirer. Ces symptômes sonnent l’alarme assez rapidement pour permettre une intervention efficace. La détection plutôt rapide des cancers du larynx s’explique par le fait qu’une minime lésion de la corde vocale peut changer le timbre de la voix. Malheureusement, certains refusent d’être à l’écoute de ces signes et développent des symptômes plus graves tels que la respiration bruyante («stridor») ou difficile («dyspnée») qui nécessitent une attention médicale urgente.

Quand l’oto-rhino-laryngologiste soupçonne un cancer du larynx, il procède d’abord à un examen physique de base de la bouche, du larynx (par miroir) et du cou (par palpation). Suit généralement une rhino-pharyngoscopie (RPL), c’est-à-dire une investigation réalisée à l’aide d’une petite caméra introduite par le nez. D’une durée de 30 secondes, cet examen peut être fait avec ou sans anesthésie locale. Différentes lésions (polypes, nodules, leucoplasies ou plaques blanches) peuvent être vues. S’il y a toute lésion rouge surélevée ou ulcérée, une laryngoscopie, sous anesthésie générale, s’ajoute au processus diagnostique.

Traitements

La suite des événements dépend du stade de développement du cancer. Quand la tumeur n’atteint qu’une seule corde vocale, la dépasse légèrement ou même la paralyse, il est encore temps d’avoir recours à la radiothérapie. Par contre, lorsqu’elle traverse le larynx, s’insinuant dans les cartilages, une laryngectomie totale (la résection chirurgicale du larynx), devient nécessaire. L’étendue de la tumeur et l’état des ganglions déterminent si l’on doit ensuite procéder à la radiothérapie.

Pour un patient dont le cancer n’est pas trop avancé, il faut compter de 30 à 35 séances de radiothérapie d’environ une heure et demie chacune, donnée tous les jours de semaine, pour venir à bout de la tumeur. Une sécheresse permanente de la bouche et de la gorge constitue le principal effet secondaire, étant donné que les radiations brûlent les glandes salivaires en même temps que l’indésirable. Le patient peut avoir plus de difficulté à avaler et sa voix peut sonner plus sèche, rocailleuse. Pour palier ce désagrément, un médicament, le Salagen, peut augmenter la production de salive. Ce médicament engendre cependant certains effets secondaires indésirables et n’est pas recommandé chez les patients souffrant de maladies cardiaques. De la salive artificielle, c’est-à-dire de l’eau additionnée de glycérine, en vente libre dans les pharmacies, représente une alternative de soulagement. Par ailleurs, des problèmes de glande thyroïdienne peuvent survenir à long terme et requièrent occasionnellement un soutien médical sous forme de comprimés (Synthroid).

Les effets secondaires varient d’un patient à l’autre et dépendent des doses de radiothérapie administrées ainsi que de l’étendue de la tumeur. Généralement, les effets indésirables (fatigue et brûlure de la gorge) débutent à la quatrième semaine de traitement et persistent de deux à six mois après. La durée de ces effets secondaires détermine le retour au travail.

Prenant près de trois heures, la laryngectomie requiert quant à elle un temps de récupération plus long. Le patient ne pouvant pas manger pendant 10 à 14 jours, il doit demeurer hospitalisé pour être alimenté grâce à un tube placé dans son nez. Cela lui prendra de deux à quatre semaines à se remettre, à moins qu’il ne doive en plus recevoir de la radiothérapie, laquelle est administrée six semaines après la chirurgie.

Le laryngectomisé doit réapprendre à parler puisqu’il ne possède plus l’organe de la voix. Différentes avenues s’ouvrent à lui. Dans tous les cas, un orthophoniste l’accompagnera dans sa démarche, qui s’échelonnera sur un an.

S’il n’a jamais eu de radiothérapie, le chirurgien peut laisser un petit trou au niveau de sa gorge, pour y placer un implant. Celui-ci doit être remplacé tous les quatre à six mois car la voix qu’il émet devient moins claire, plus «baveuse», en raison des champignons qui ont tendance à proliférer. Pour minimiser le phénomène, si les changements de prothèses deviennent trop fréquents, le médecin peut prescrire un anti-mycotique.

Le patient a aussi la possibilité de se servir de sa voix œsophagienne. Il s’agit cependant d’une technique difficile à maîtriser, exigeant un apprentissage soutenu par un orthophoniste. Pour parler avec la voix œsophagienne, il faut utiliser l’air qui circule dans le tube digestif afin de produire des sons, de la même manière qu’on éructe.

Enfin, il existe des larynx électroniques, qui sont en fait de petits dispositifs ressemblant à une paille que l’on met dans la bouche et qui projettent un son modifié par les mouvements des lèvres et de la langue.

Pour prévenir les récidives de cancer, l’oto-rhino-laryngologiste répète la rhino-pharyngoscopie tous les deux mois durant les six premiers mois après le traitement. Si le patient continue à fumer et à boire (de l’alcool), il augmente les risques de voir la maladie resurgir. Quand la douleur revient ou quand apparaît une bosse dans le cou, il est très probable que ce soit à cause du cancer. L’espérance de vie est proportionnelle au contrôle de la maladie.

D’une incidence inférieure à 1%, le cancer du larynx touche plus fréquemment les hommes de 50 à 70 ans, ayant beaucoup fumé. Comme l’usage du tabac est plus répandu qu’autrefois chez les femmes, elles sont de plus en plus à risque.


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