Reflux gastro-laryngé

Qu’est-ce que le reflux gastro-laryngé ?

Votre salive et vos repas empruntent normalement l’œsophage pour se diriger vers l’estomac. Le reflux gastro-laryngé (RGL) correspond au passage anormal d’une partie du contenu gastrique en sens inverse, soit vers l’œsophage, le pharynx et le larynx. Cette condition ressemble au reflux gastro-oesophagien.

Le RGL est très fréquent dans la population occidentale adulte (environ 50 %). 60% des asthmatiques ont aussi un RGL. 50% des personnes avec toux chroniques et jusqu’à 80% des personnes avec sensation de boule dans la gorge (aussi nommé globus) souffrent de RGL. Cependant, la majorité des patients atteints de RGL souffre de symptômes mineurs et intermittents et ne consulte pas. Le RGL est souvent une affection chronique.

La cause du RGL est complexe mais correspond, pour l’essentiel, à une défaillance de la barrière anatomique (valve) située à la jonction de l’œsophage et de l’estomac.

Quels sont les symptômes et signes du RGL?

Parmi les symptômes des patients qui souffrent de RGL, un bon nombre sont semblables à ceux du reflux gastro-oesophagien ou de l’ulcère de l’estomac. L’irruption des sucs gastriques acides est à l’origine de signes cliniques témoignant de la brûlure des tissus. Les brûlures d’estomac s’accompagnent parfois d’une sensation de reflux d’acide dans la gorge ou même de goût amer dans la bouche. C’est ce qu’on appelle la régurgitation acide. Parfois cette sensation de reflux n’est pas consciemment ressentie : le RGL est souvent nommé « le reflux silencieux ».

Outre la douleur locale ressentie du fait de l’irritation des tissus et l’impression de corps étranger ou de boule dans la gorge, le RGL pourra entraîner une raucité ou une fatigue de la voix (appelée dysphonie) par une irritation du larynx. Parmi les autres symptômes révélateurs du RGL, mentionnons l’hypersalivation, la difficulté à avaler (ou dysphagie) et divers symptômes respiratoires très fréquent (enrouement, toux, asthme) qui perturbent parfois le sommeil.

L’examen oto-rhino-laryngologique (qui comprend une caméra flexible passée dans le nez) est souvent révélateur de RGL lorsque des manifestations au niveau de la gorge (du pharynx ou du larynx) sont présentes.

Le RGL qui persiste sans traitement peut être, après de nombreuses années, associé à une sténose de l’œsophage et même à une possibilité de cancer.

Voici quelques conseils utiles et mesures anti-reflux efficaces pour contrer le RGL:

Ce qu’il faut faire

  • Dormir la tête de lit surélevée de 15 centimètres ou 6 pouces (ajouter une brique sous les pattes de la tête du lit ou un morceau de bois en coin sous le matelas).
  • Perdre du poids (viser votre poids santé).
  • Prendre de petits repas fréquents.
  • Choisir des aliments maigres.
  • Aviser votre médecin de votre médication habituelle, occasionnelle et de la prise de produits « naturels ».
  • Boire 2 litres d’eau par jours.
  • 40-50 % d’humidité dans la chambre.

Ce qu’il faut éviter

  • Ne pas élever la tête simplement avec des oreillers (possible étranglement de l’œsophage et exacerbation des symptômes de reflux).
  • Éviter les épices, le thé, le café, les boissons gazeuses, le vinaigre, les fruit acides et leur jus, les tomates, les oignons, l’ail, la menthe et le chocolat.
  • Éviter alcool.
  • Éviter les gros repas (surtout le soir) et les aliments gras ou frits.
  • Éviter de manger le soir, au moins 2 heures avant de vous étendre ou de vous coucher.
  • Éviter de se coucher immédiatement après un repas (sieste).
  • Éviter les vêtements et les ceintures trop serrés.
  • Cesser de fumer.
  • Éviter certains médicaments : Théophylline, Anticalciques, Morphine et autres narcotiques, Benzodiazépines, Bêta bloqueurs, Dérivés nitrés et Anticholinergiques, AINS (qui irritent l’estomac).

Traitement

Le traitement initial comprend des mesures d’hygiène, des changements diététiques et une médication anti-acide. Le traitement prend souvent plusieurs mois. Lors du suivi, ce traitement pourra être arrêté par votre médecin s’il permet la disparition des symptômes. Dans les cas, fréquents, de récidives espacées des symptômes, vous pourrez être traité de façon intermittente. Par contre, des rechutes fréquentes ou précoces à l’arrêt du traitement imposent un traitement d’entretien à long terme. La chirurgie est proposée après échec des traitements médicamenteux malgré un respect des mesures anti-reflux. La chirurgie sera proposée d’autant plus facilement que le sujet est jeune.


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